Résultat principal
Les recherches comparant les drains et les sutures de tension progressive suggèrent de possibles différences de risque de sérome après abdominoplastie, mais la diversité des techniques, les petits essais et les méthodes de détection différentes limitent la certitude.
Après une abdominoplastie, du liquide peut s’accumuler dans l’espace entre le lambeau abdominal et les tissus sous-jacents. Cette collection est appelée sérome. Les chirurgiens utilisent couramment des drains aspiratifs fermés, des sutures de tension progressive (STP), ou les deux, pour gérer cet espace. Les données ne permettent pas de déterminer une approche adaptée à toutes les personnes : les études diffèrent par les interventions, la définition du sérome, le suivi et la sélection des patients.
Cette synthèse examine les comparaisons entre drains et STP, les méthodes de détection des collections et ce que les résultats permettent — ou non — de dire à une personne qui envisage une abdominoplastie. Il s’agit d’informations issues de la recherche, et non d’une recommandation de traitement individuel.
Pourquoi étudier la prévention du sérome
L’abdominoplastie consiste à décoller puis à redraper un large lambeau de tissu abdominal. La perturbation de petits canaux lymphatiques et vasculaires, l’espace résiduel sous le lambeau et le mouvement entre les surfaces tissulaires peuvent contribuer à l’accumulation de liquide après l’opération. Une collection cliniquement importante peut nécessiter une évaluation ou une ponction et compliquer la cicatrisation. Certaines études détectent aussi à l’échographie des liquides qui ne provoquent pas de symptômes ; les « taux de sérome » publiés ne sont donc pas automatiquement comparables.
Un drain aspiratif fermé évacue le liquide par un tube relié à un réservoir. Les STP sont des sutures placées par étapes entre la face inférieure du lambeau et les tissus profonds pour rapprocher les surfaces, réduire l’espace résiduel et limiter le cisaillement. Le mécanisme proposé est mécanique ; cela ne signifie pas qu’aucun liquide ne puisse se former. Les chirurgiens varient le matériau, le nombre et l’espacement des sutures, l’utilisation des drains, le décollement, la liposuccion et les soins postopératoires.
Méthodes de la revue de 2024
Rao et ses collègues ont enregistré un protocole (PROSPERO CRD42022346106) et recherché des publications dans MEDLINE, Embase, CENTRAL, Google Scholar et Web of Science, du 19 septembre 2022 au 19 février 2024, sans restriction linguistique. Deux auteurs ont sélectionné les notices et évalué les textes intégraux admissibles ; quatre ont extrait indépendamment les données. Les essais randomisés ont été évalués avec RoB 2 et les études observationnelles avec ROBINS-I. Les auteurs ont regroupé les critères admissibles au moyen de modèles à effets aléatoires et rapporté des rapports de risque (RR) avec intervalles de confiance (IC) à 95 %. Le résumé fait état de 24 études, 750 patients et deux essais randomisés contrôlés. Pourtant, la section du texte intégral consacrée aux recherches et aux études incluses indique 24 études, 4 777 participants et trois essais randomisés ; elle donne également 2 817 participants avec STP seules, 1 065 avec drains seuls et 1 346 recevant les deux, soit un total de 5 228. Ces décomptes du résumé et du texte intégral sont contradictoires et le rapport ne permet pas de les concilier ; aucun total global de participants ou d’essais randomisés n’est donc considéré comme confirmé ici. Par ailleurs, 24 études rapportaient un résultat de sérome, mais seules huit études comparatives contribuent au graphique en forêt principal comparant STP et drains.[1]
Résultats de la revue de 2024
Pour le sérome postopératoire, la revue rapportait une estimation regroupée en faveur des STP par rapport aux drains conventionnels : RR 0,34 (IC à 95 % 0,15–0,76). La publication rapporte un effet relatif, et non la probabilité absolue pour une patiente ; cela ne correspond pas à une baisse de 66 points de pourcentage. Le risque de départ varie selon les patients et les contextes. L’interprétation est limitée par les différences de sélection des patients, de méthodes opératoires et de détection du sérome, ainsi que par le petit nombre de comparaisons directes et le risque de biais.
La revue n’a pas constaté de différence statistiquement significative entre STP et drains pour l’hématome, l’infection ou la désunion de la plaie (déhiscence). Cela ne prouve pas l’équivalence des approches. Pour les STP associées aux drains par rapport aux STP seules, l’article ne rapporte pas de différence significative du sérome (RR 0,70 ; IC à 95 % 0,31–1,60). L’estimation est imprécise et ne démontre pas que les drains sont inutiles pour une personne donnée.
Les statistiques du sous-groupe avec liposuccion dans le résumé ne sont pas reprises comme estimation établie : le RR du sérome est associé à un intervalle de confiance exceptionnellement large et à une valeur de significativité qui ne semble pas compatible avec cet intervalle. Cette incohérence interne du rapport ne permet pas d’affirmer que la liposuccion associée aux STP est supérieure.
Un essai randomisé illustre le problème de mesure
Andrades et ses collègues ont mené un essai prospectif randomisé en double aveugle auprès de 60 femmes ayant une abdominoplastie classique. Les participantes ont été réparties en quatre groupes : ni drain ni STP, STP seules, drains seuls, ou les deux. Dans les groupes avec drains, ceux-ci sont restés en place pendant sept jours. Des évaluateurs en aveugle ont examiné les participantes cliniquement et par échographie au bout de deux semaines ; les chercheurs ont également mesuré les ponctions et les volumes aspirés, les complications autres que le sérome et les résultats esthétiques au cours du suivi. La notice PubMed accessible est un résumé ; les autres détails du protocole et les estimations numériques par groupe n’ont pas pu être vérifiés indépendamment ici.[2]
Le résumé rapporte un sérome clinique chez 35 % et un sérome détecté par échographie chez 90 % des participantes, sans différence significative de fréquence entre les groupes. Il s’agit de méthodes de détection différentes et non d’estimations contradictoires du même critère : l’échographie a révélé bien plus de collections que l’examen clinique. Le groupe témoin sans intervention a été arrêté après 10 participantes en raison de séromes plus importants et d’un plus grand nombre de ponctions. Cet arrêt précoce laisse un groupe témoin très réduit et peut rendre les comparaisons instables. L’étude a aussi constaté que les STP augmentaient de 50 minutes la durée opératoire dans les groupes concernés et réduisaient le débit des drains lorsqu’elles leur étaient associées. Les auteurs ont proposé que les STP puissent compartimenter les collections liquides et faciliter leur résorption ; il s’agit d’une explication proposée, pas d’une garantie.
Comment les revues antérieures s’inscrivent dans les données
La revue systématique de Li et Wang, publiée en 2021, incluait cinq études (un essai randomisé et quatre études rétrospectives), totalisant 1 255 adultes. Elle a recherché des études dans PubMed, Embase et les bases Cochrane et utilisé un modèle de Mantel–Haenszel à effets aléatoires. Les STP sans drains, comparées aux drains seuls, étaient associées à une diminution des odds de sérome (OR 0,36 ; IC à 95 % 0,19–0,70 ; P=0,002 ; I²=9 %). Dans le sous-groupe avec liposuccion, l’estimation était OR 0,24 (IC à 95 % 0,11–0,49 ; P=0,0001). En revanche, la comparaison STP seules versus STP avec drains ne montrait aucune différence significative (OR 1,03 ; IC à 95 % 0,30–3,54 ; P=0,96). Les auteurs demandaient des essais plus larges et des groupes mieux comparables. Ces odds ratios proviennent d’un ensemble de données plus ancien et plus restreint ; ils ne doivent pas être mélangés numériquement aux rapports de risque de la revue ultérieure. Les revues peuvent aussi inclure certaines mêmes études primaires.[3]
La revue de Liao et ses collègues, publiée en 2024, posait une question plus large sur les méthodes de prévention du sérome. Ses 20 études comprenaient 1 205 patients au total, avec des suivis allant de deux semaines à 20 mois ; une analyse regroupée distincte comprenait 203 personnes uniques. Pour les STP et les sutures de capitonnage ensemble, un rapport d’événements de 0,306 a été calculé à partir de comparaisons propres à chaque étude, et quatre études sur cinq montraient qualitativement un bénéfice. Ce rapport d’événements n’est pas identique à la méta-analyse directe : trois études regroupées comparant STP/sutures de capitonnage aux drains donnaient RR 0,29 (IC à 95 % 0,05–1,66 ; I²=74 %), soit un intervalle imprécis qui inclut l’absence de différence. Une analyse globale distincte regroupant plusieurs techniques alternatives face à deux drains donnait RR 0,33 (IC à 95 % 0,11–0,99 ; I²=57 %) ; ce résultat ne peut pas être attribué aux STP seules. La revue relevait de petits échantillons, des techniques et définitions des critères variables et peu de calculs formels de puissance ; elle recommandait des comparaisons randomisées standardisées.[4]
Ce qu’une personne peut raisonnablement en retenir
Les données comparatives actuelles suggèrent que les STP pourraient réduire la survenue de séromes par rapport aux drains dans certains contextes d’abdominoplastie. Elles ne déterminent pas si une personne devrait recevoir des drains, si une intervention sans drain lui convient, ni si le protocole d’un chirurgien est préférable. Les limites comprennent le petit nombre d’études randomisées, les données rétrospectives, les variations de la technique des STP et de l’utilisation des drains, les différentes définitions et méthodes de détection, ainsi que les écarts entre interventions associées et soins postopératoires. Les collections identifiées à l’échographie ne sont pas nécessairement équivalentes à celles qui provoquent des symptômes et nécessitent un traitement.
La discussion avec le chirurgien qui vous prend en charge peut porter sur sa définition et sa détection du sérome, l’approche choisie et sa justification, l’utilisation prévue des drains, des STP ou des deux, l’influence de votre santé et de l’intervention précise, le suivi et l’accès à une évaluation, ainsi que la conduite à tenir si une collection apparaît. Aucune technique ne peut garantir l’absence de sérome, de ponction, d’infection, de problème de cicatrisation ou de traitement supplémentaire.
Pour une première réflexion tarifaire, la page sur le coût d’une abdominoplastie en Turquie présente le contexte commercial ; elle ne permet de prédire ni un devis individuel ni un plan clinique. Pour les informations relatives aux forfaits, consultez le forfait d’abdominoplastie et confirmez directement auprès du prestataire concerné les soins, le suivi et les modalités réellement prévus. La fiche ne permet pas de savoir quelle technique chirurgicale est incluse ou médicalement adaptée. Just Clinic Istanbul est une plateforme indépendante de marketing et de génération de prospects, et non un prestataire de soins ni un intermédiaire de tourisme médical. Les demandes peuvent être partagées avec des partenaires de santé autorisés avec votre consentement.
Références
- Rao G, Daneshi K, Ceccaroni A, Gentile A, El-Shazali H, Owens N, Vyas K, Khajuria A. A Systematic Review and Meta-Analysis Evaluating the Surgical Outcomes of Progressive Tension Suturing Compared to Drains in Abdominoplasty Surgery. Aesthetic Surgery Journal. 2025;45(1):71–83. Publié en ligne le 30 juillet 2024 ; corrigé et mis en page le 2 septembre 2024. doi : 10.1093/asj/sjae171. PMID : 39078654. PMCID : PMC11634385.
- Andrades P, Prado A, Danilla S, Guerra C, Benitez S, Sepulveda S, Sciarraffia C, De Carolis V. Progressive tension sutures in the prevention of postabdominoplasty seroma: a prospective, randomized, double-blind clinical trial. Plastic and Reconstructive Surgery. 2007;120(4):935–946 ; discussion 947–951. Publié le 15 septembre 2007. doi : 10.1097/01.prs.0000253445.76991.de. PMID : 17805122.
- Li M, Wang K. Efficacy of Progressive Tension Sutures without Drains in Reducing Seroma Rates of Abdominoplasty: A Systematic Review and Meta-Analysis. Aesthetic Plastic Surgery. 2021;45(2):581–588. Publié en ligne le 27 août 2020. doi : 10.1007/s00266-020-01913-w. PMID : 32856104.
- Liao CD, Zhao K, Nikkhahmanesh N, Bui DT. Decreasing Seroma Incidence Following Abdominoplasty: A Systematic Review and Meta-Analysis of High-Quality Evidence. Aesthetic Surgery Journal Open Forum. 2024;6:ojae016. Publié le 16 mars 2024. doi : 10.1093/asjof/ojae016. PMID : 38585023. PMCID : PMC10995621.