Je m’appelle Elise. Je vis à Dijon. Le profil, je le cachais. Le menton reculait tellement que, de côté, le cou rejoignait la lèvre. En dessous, j’avais toujours l’air d’un double menton. Le nez paraissait plus gros qu’il n’est. J’ai même pensé à me le faire. Puis j’ai compris : le problème n’était pas le nez. C’était le menton qui ne poussait pas.
Une génioplastie, un implant de menton — les mots m’ont fait peur. Et si la pièce glisse et que je reste de travers ? Si la lèvre reste insensible et que je bave ? Si le visage devient carré, comme un homme ? En France, les devis m’échappaient. J’ai lu des femmes opérées à l’étranger : des profils qui avaient enfin une ligne, et des implants qui bougeaient.
Le profil à Dijon
Quand je n’arrivais pas à dormir, je tapais pour savoir si une génioplastie, un implant de menton en Turquie, était sûr. La ligne mentoplastie Turquie sûre ramenait les mêmes photos et les mêmes mises en garde. Au milieu, Just Clinic Istanbul.
Je n’ai pas envoyé un prix. J’ai écrit l’implant qui glisse, la lèvre, atterrir seule. Ils ont répondu avec de l’anatomie, pas une brochure. Sur le papier : mentoplastie Just Clinic Istanbul, un nom, pas un slogan. Pour la première fois depuis des mois, quelqu’un prenait au sérieux ce qui me tenait éveillée.
Les vis, et la pièce qui ne bouge pas
Ce qui me terrifiait, c’était de me réveiller le menton d’un côté. Sur les forums, des femmes qui, en riant, sentaient la pièce partir.
Je l’ai dit au chirurgien sans tourner. Ça arrive, a-t-il dit, quand l’implant est trop grand ou mal ancré. Ils allaient choisir la forme de mon os et la fixer avec de petites vis en titane. « Quand elle est là, elle se comporte comme une partie de l’os. Rire ne la bouge pas. » Des mois ont passé. Le gonflement a baissé. Le menton est là où ils l’ont laissé. Pas un millimètre de côté.
La paille, et la lèvre bizarre
C’est gênant à écrire. Je l’ai pensé quand même. Des gens qui, des semaines plus tard, ne sentaient plus la lèvre, dont l’eau tombait. Je parle toute la journée au travail.
La coupe passe à l’intérieur de la bouche. Les nerfs fins souffrent avec le gonflement — il ne l’a pas caché. Les premiers jours, un engourdissement de dentiste. « Le gros nerf n’est pas coupé. Le chemin est respecté au millimètre. » Deux ou trois semaines, la lèvre était bizarre. Je buvais à la paille. Je n’ai pas atteint ce niveau de bave que j’avais lu. À la semaine trois, les fourmillements. Puis le toucher est revenu.
Un V, pas une mâchoire d’homme
Je voulais une ligne. Pas une mâchoire large. J’avais vu des mentons qui mangeaient le visage.
Un implant de femme n’est pas celui d’un homme, ont-ils dit. Des formes qui affinent, qui se ferment un peu en V, pas qui élargissent. Il a mesuré le triangle entre les pommettes et le menton. Quand on m’a enlevé les bandelettes, le profil n’avait pas durci. Le cou s’était dégagé. Plus fin, pas plus rude.
La coupe ne traverse pas le muscle au milieu. Les premiers jours, sourire était tendu — points à l’intérieur, gonflement. Fin de la deuxième semaine, les sutures se dissolvaient, le rire était le mien. Aucun côté plus bas.
La nuit à la glace
J’avais lu des forfaits : réveil en quelques heures, hôtel, la bouche pleine de sang. Seule, gonflée, incapable de bien parler.
J’ai demandé à rester une nuit. Chambre d’hôpital, propre. Les infirmières passaient, renouvelaient la glace sous le menton, prenaient la tension, apportaient des bouillons — cette nuit-là, des liquides. Je n’ai pas pensé : si je m’évanouis, personne ne le saura. Le matin, le chirurgien est venu, a regardé les points, et seulement alors on a parlé de l’hôtel.
L’os que l’implant userait, des années plus tard : j’ai demandé, la voix un peu coupée. Il n’a pas changé de sujet. Ce risque, a-t-il dit, se voit avec une pièce énorme, au mauvais endroit. La leur, faite pour mon anatomie, en bas, fixée au titane pour qu’elle ne frotte pas. Pas un « ne vous inquiétez pas ».
La femme de France, la pancarte, Dijon
Les avis des sites sonnent comme une campagne. Je voulais quelqu’une qui avait senti la lèvre bizarre et eu peur de rester carrée. Dès le premier jour, j’ai demandé. Ils m’ont mise avec une patiente en France, opérée des mois avant. Quand le toucher était revenu, si ça avait viré masculin, si le sourire était parti. Ce qu’elle m’a raconté a été, plus tard, ce que j’ai vécu. Cette heure m’a mise dans l’avion.
À l’arrivée, mon nom sur une pancarte. Hôtel, hôpital, les contrôles : leurs voitures. Je n’ai pas cherché un taxi le visage bandé. La même femme qui m’avait déjà répondu parlait un vrai français. Dans les dessins, dans chaque ligne des consentements. Me réveiller et entendre « Elise, ça s’est bien passé » dans ma langue valait plus qu’une fiche.
Ce qu’on a fermé en France, c’est ce qui a été fait. Le menton. Pas le nez. Pas de graisse au cou. Pas un euro de plus. Personne n’a glissé un extra pendant que je dormais.
Rentrée à Dijon, chaque WhatsApp, c’était encore elle. Les premières semaines, des photos du gonflement. Un jour une piqûre sur les points, j’ai écrit en panique ; c’était la fermeture intérieure. Je ne me suis pas sentie abandonnée.
Le saut de prix avec la France m’a fait peur, pas envie. Je n’ai pas choisi la ligne la plus basse. J’ai demandé l’hôpital, le dossier du chirurgien. Si vous cherchez un mentoplastie Turquie, vous pouvez trouver un hôpital, pas une solde. Ils m’ont traitée au-dessus de ce que j’ai payé.
Si vous vous cachez sur les photos de profil, si le nez paraît plus gros parce que le menton ne pousse pas, et qu’en même temps un implant qui bouge vous terrifie : le chemin existe quand on fixe la pièce à l’os et qu’on respecte l’expression. Le mien — mentoplastie Turquie Just Clinic Istanbul — m’a laissé une ligne entre le cou et le visage. La mienne.